UN PEU D’HISTOIRE

LES FORMATIONS

LES PERSPECTIVES
D’EVOLUTION

DE NOS JOURS

LES EVOLUTIONS DES MATERIAUX

De nos jours, la connaissance des propriétés du bois et la technologie pour le mettre en œuvre, demeurent à la base des formations pour les métiers de la charpente et de la menuiserie. Cependant, le bois n’est plus le seul matériau utilisé par le Menuisier, et aussi dans une certaine mesure par le Charpentier.
En effet, en plus des bois massifs, on trouve aujourd’hui de nombreux produits transformés, à base de bois : contreplaqués, agglomérés, panneaux et poutres en bois reconstitué comme le Kerto, le Paralam ou le lamellé collé pour la Charpente. Pour la Menuiserie, les panneaux ont tendance à remplacer l’usage du bois massif. Désormais, le Menuisier dispose de toute sorte de panneaux à base de bois ou de dérivés du bois : contreplaqués, agglomérés, médiums ainsi que des panneaux lamifiés ou des résines de synthèse. De plus, d’autres matériaux comme l’aluminium ou le PVC viennent se substituer au Bois pour la réalisation des portes extérieures et des fenêtres en raison de leur facilité d’entretien et de la diversité des composants proposés qui permettent de réaliser à peu près tous types de portes ou de châssis. Le bois, n’est pas forcément mis à l’écart, car les produits de préservation utilisés pour assurer sa protection deviennent de plus en plus performants. De plus, ces nouveaux matériaux sont souvent utilisés de façon " mixte " avec du bois pour réaliser des menuiseries en bois / alu ou bois / PVC , de façon à profiter de l’aspect " bois " à l’intérieur et de protéger les parties extérieures plus exposées, par des profilés d’habillage en alu ou en
PVC.

P.V.C. : c’est le plastique utilisé pour la fabrication des profils utilisés pour la réalisation de châssis et de fenêtres. La famille des produits dits " plastiques " est extrêmement nombreuse, chacun ayant des caractéristiques différentes en fonction de son usage. Ici, il s’agit du Polychlorure de Vinyle, plus connu sous l’abréviation de P.V.C.
En Charpente, on utilise également pour les bâtiments à ossature bois, des pièces en métal parfois très complexes pour assembler des poutres de grande portée ou réaliser des " nœuds d’assemblage ".
Un des bâtiments les plus audacieux construit au cours de ces dernières années par une entreprise française, est le pavillon UTOPIA qui a été édifié en 1996 à Lisbonne, à l’occasion de l’exposition internationale.
Ce bâtiment dont les plus grands portiques ont une portée de 120 mètres, a nécessité pour la construction de sa charpente près de 600 tonnes de métal pour toutes les pièces de liaison, qui elles-mêmes ont nécessité la réalisation de 250 000 trous pour le passage des différents boulons et broches.
Sans l’utilisation de l’informatique avec des logiciels de calcul et de dessin très performants, et des machines à commande numérique dotées d’une très grande précision, cette performance n’aurait jamais pu être réalisée.
Elle démontre à la fois la modernité du métier de la Charpente et le savoir-faire des hommes qui, sans se couper de leur passé, savent utiliser des techniques de pointe pour réaliser des ouvrages aux qualités techniques et architecturales exceptionnelles.
Les Menuisiers, quant eux, sont amenés à réaliser des ouvrages de toute nature, dans tous les types de construction, de la maison individuelle aux grands bâtiments publics, comme la nouvelle bibliothèque de France qui a fait appel à des milliers de mètres cubes de bois, tant pour les aménagements intérieurs : parois, portes, cloisonnements, planchers ou meubles de rangement, mais aussi à l’extérieur où l’on a utilisé des bois exotiques imputrescibles pour réaliser les marches et les coursives qui permettent d’accéder à cet immense édifice qui a fait largement appel aux compétences d’entreprises de menuiserie et d’agencement venues de toute la France.

… ET DES TECHNIQUES
Il ne faut pas considérer les ruptures technologiques comme des régressions du métier, mais simplement comme des évolutions qui permettront d’autres audaces, d’autres développements, avec le bois, mais aussi avec d’autres matériaux. (Ainsi aux USA, l’industrie de la construction estime que 60% des produits qui seront utilisés d’ici cinq à six ans n’existent pas encore !)
Au cours des deux dernières décennies, l’introduction de l’informatique a révolutionné les méthodes de conception et de fabrication dans les métiers de la construction bois.
Dans la Menuiserie d’abord, avec la généralisation des machines à positionnement numérique, puis à commande numérique pour réaliser des opérations d’usinage de plus en plus complexes, avec des changements automatiques d’outils et des interfaces de plus intelligentes qui permettent de commander la machine sur un mode conversationnel, sans être obligé d’utiliser un langage de programmation. L’introduction des données de programmation se fait aujourd’hui, soit en introduisant directement sur la machine, les côtes d’usinage à réaliser ; soit par une interface, permettant de rentrer des données directement à partir du logiciel de dessin qui a permis de faire la conception, d’un ouvrage, avec toutes les informations nécessaires à sa fabrication : sections des pièces, côtes d’usinage, choix des outils, etc…
Pour chaque type de produit, les fabricants de machines proposent aujourd’hui des gammes de machine qui ne sont plus réservées à l’industrie et qui deviennent accessibles à l’entreprise artisanale qui veut continuer à fabriquer des produits de façon compétitive.
La fabrication des produits standardisés les plus courants est faite par des entreprises industrielles qui disposent de moyens de production très performants leur permettant de produire en grande quantité à des prix très compétitifs.

Dans le secteur de la Charpente, l’évolution est plus récente, mais l’apparition des logiciels de calcul et de conception graphique, couplés avec l’apparition de machines à tailler la charpente, remet en cause le savoir-faire immense que nous avaient légué les compagnons charpentiers avec la science du Trait. C’est une véritable " révolution culturelle " que vont devoir faire les charpentiers pour intégrer ces nouvelles techniques dans leurs métiers. On peut penser que les activités de fabrication, comme dans la menuiserie se concentreront dans des unités performantes utilisant ces nouvelles méthodes de production.
Mais l’entreprise artisanale devra malgré tout, pour conserver sa place, assimiler ces nouvelles méthodes de conception et de calcul.

LE BOIS, MATERIAU D’AVENIR
Le bois n’est plus le seul matériau dont disposent les menuisiers aujourd’hui. Pourtant, c’est assurément un des plus vieux et des plus répandu sur la terre.
Les premiers arbres sont apparus il y a plusieurs millions d’années, après l’apparition des premières masses de terres émergées. Sans l’intervention humaine, les forêts couvriraient tous les sols suffisamment humides.

Il existe dans le monde environ 20 000 espèces ligneuses susceptibles de fournir du bois utilisable pour un emploi industriel ou artisanal. Seules 120 espèces environ sont utilisées régulièrement pour un usage commercial. Elles présentent des caractéristiques extrêmement variées :
• Par leur provenance des cinq parties du monde, sous les latitudes et les climats les plus variés : des forêts équatoriales qui fournissent des arbres atteignant 50 mètres de hauteur, aux forêts nordiques de l’Europe et de l’Amérique du Nord, qui fournissent des conifères sempervirents, c’est à dire " toujours verts ", parce qu’ils gardent leur feuillage toute l’année.
• Par leur aspect : grain, teinte, veinage, plus ou moins prononcés ;
• Par leurs caractéristiques : résistance mécanique, élasticité, masse volumique et propriétés physico-chimiques.
Certains bois sont très durs, comme l’Azobé d’Afrique, qui résiste aux insectes et à toutes les agressions extérieures. Sa masse volumique comprise entre 0,95 à 1,10 en fait un bois extrêmement dur et résistant qui ne flotte pas dans l’eau ( tous les bois ayant une masse voisine ou supérieure à 1 ne flottent pas car ils sont plus lourds que l’eau). D’autres, comme le Fromager, un autre bois exotique tropical poussant en Afrique, sont utilisés pour le
déroulage , c’est à dire pour la fabrication de placages ou pour l’emballage ou encore pour ses inflorescences cotonneuses qui donnent le Kapok, une sorte de bourre légère et imperméable qui est utilisée pour faire des garnissages de gilets de sauvetage et de vêtements tropicaux ou polaires.

Le déroulage est l’opération qui consiste à débiter une bille de bois en une feuille mince continue avec une machine qui s’appelle une dérouleuse. On procède un peu à la manière dont on pèle une orange avec un couteau. La bille tourne sur son axe, avec une vitesse tangentielle et linéaire constante. Un couteau disposé sur un chariot avance lentement vers le centre de la bille pendant qu’elle tourne, prélevant une mince feuille en continue : c’est l’opération de déroulage. Le bois déroulé sert à fabriquer du contreplaqué, des emballages légers et des tiges d’allumettes.
L’autre procédé pour débiter une bille de bois en feuilles minces est le tranchage, Dans ce cas, la bille ne tourne pas. On fait glisser un couteau à la surface de la bille sur toute sa longueur et à chaque passage on prélève une feuille de bois de quelques millimètres d’épaisseur. Les feuilles de placage obtenues par tranchage servent surtout pour l’ébénisterie ou le revêtement des panneaux décoratifs, car l’aspect obtenu est celui d’une belle planche de bois massif.
Une dérouleuse
en action.
Les utilisations du bois dépassent largement le domaine de la construction. En France, on désigne l’ensemble du secteur économique regroupant toutes les activités liées au bois sous le nom de " Filière bois ". On désigne par là, l’ensemble des activités et industries qui vivent de la récolte ou de la transformation du bois. On distingue :
1. Les activités de première transformation du bois : qui comprennent le débardage, le sciage, le séchage du bois avec une première valorisation des produits dans les industries du panneau et de la pâte à papier essentiellement.
2. Les activités de seconde transformation, qui comprennent l’ensemble des produits fabriqués à partir du bois: meubles, jouets, produits manufacturés pour le bâtiment, qui à eux seuls, absorbent environ 60 % de la production de la forêt française.

LES HOMMES
Les Menuisiers, compte tenu de la diversité des ouvrages et des matériaux , ne peuvent plus se contenter des seules connaissances concernant les propriétés du bois et des techniques permettant son usinage et sa mise en œuvre. Les formations évoluent d’ailleurs dans ce sens et la connaissance des matériaux dérivés du bois et des matériaux associés (aluminium, verre, métal, PVC) prennent une place grandissante dans tous les programmes de formation.
Néanmoins, tous ceux qui choisissent les métiers du bois sont unanimes : ce n’est pas le hasard qui les a poussé vers ce secteur, mais l’amour pour cette matière noble et vivante qu’est le bois .

Vous trouverez sur Le Site en Bois une foule de renseignement sur les principales caractéristiques du bois, les différentes essences et leur utilisation. Ce site a été réalisé par M. Wilfried MARIE, professeur au Lycée du Bois de Mouchard.